Le plan d'investissement pluriannuel de la Régie des Bâtiments prévoit des projets pour un montant de 6,5 milliards d'euros
Près de 129 millions d'euros ont été investis

Le portefeuille immobilier fédéral restera, dans les années à venir, une source potentielle importante de marchés pour les entrepreneurs, les spécialistes de la rénovation et les bureaux d'études. Il ressort du rapport d’activité 2025 de la Régie des Bâtiments que l’actuel plan d’investissement pluriannuel (PIP) comprend environ 250 projets en cours et prévus. Au total, ces projets représentent environ 6,5 milliards d’euros d’investissements identifiés pour la période 2026-2045.
Ce montant ne constitue pas un budget d'exécution fixe. Le PII est une feuille de route évolutive qui dépend des contraintes budgétaires, des priorités politiques, des autorisations et des mises à jour futures. La Régie souligne en outre que le plan devra être réactualisé et approuvé à la lumière des économies prévues dans l’accord de gouvernement.
871 sites et 2 311 bâtiments
La Régie des Bâtiments gère le patrimoine immobilier fédéral et représente l’État belge dans le secteur immobilier. Son portefeuille comprend 871 sites et 2 311 bâtiments, représentant au total 7 031 989m² de surface de plancher brute. Ce patrimoine comprend notamment des bâtiments administratifs, des prisons, des infrastructures destinées aux services de police et de sécurité, ainsi que des bâtiments présentant une valeur patrimoniale historique ou architecturale. La Régie est non seulement chargée de la construction neuve et de la rénovation, mais aussi de l’entretien, de la conformité, de l’accessibilité et de l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments existants.
Près de 129 millions d’euros investis
En 2025, le gestionnaire immobilier fédéral a investi 128,9 millions d’euros. Par ailleurs, les frais d’entretien se sont élevés à 27,2 millions d’euros. Pour les projets d’investissement de moindre envergure, d’une valeur inférieure à 3 millions d’euros, 145 projets ont été prévus. Au total, ces projets représentent 22 millions d’euros. La Régie souligne que ce montant ne reflète pas l’ensemble des activités d’entretien. En 2025, un montant total de 19,5 millions d’euros a été déboursé pour plus de 10 000 dossiers d’entretien.
Les marchés publics représentent également un volume considérable. En 2025, la Régie a publié au total 680 marchés. Parmi ceux-ci, 537 concernaient des travaux, 121 des services et 22 des fournitures.
Les procédures d’achat continuent d’être numérisées et standardisées. Ainsi, en 2025, la Régie a testé le projet pilote « Procurepilot », qui utilise l’intelligence artificielle pour analyser les offres. Il s’agit d’un projet pilote s’inscrivant dans le cadre de la numérisation accrue des marchés publics.
Laurent Vrijdaghs, administrateur général et président du comité de direction de la Régie des Bâtiments : « En 2025, la Régie des Bâtiments a poursuivi avec détermination ses missions dans un contexte particulièrement exigeant. Nous avons ainsi dû composer avec d’importantes contraintes budgétaires, tandis que des changements se profilent à l’horizon en raison de la réorganisation des services publics fédéraux. En 2025, de nombreux projets et chantiers d’envergure ont également enregistré des progrès concrets. »
La rénovation et l’énergie : un enjeu structurel
Une part importante des investissements futurs concerne la rénovation, la performance énergétique et la durabilisation du patrimoine immobilier fédéral. Le Plan national belge pour l’énergie et le climat, mis à jour, impose aux bâtiments publics fédéraux une économie d’énergie primaire annuelle de 1,9 %. Par ailleurs, l’objectif est de réduire lesémissions deCO₂ d’au moins 50 % par rapport à 2021.
Dans le cadre du plan européen REPowerEU, la Régie a mis en œuvre une cinquantaine de projets énergétiques en 2025. À cette occasion, une puissance solaire supplémentaire de 3 624 kWc a été installée. Selon le rapport d’activité, cela permet deréduire lesémissions de CO₂ d’environ 574 tonnes par an. Par ailleurs, 172 bornes de recharge pour véhicules électriques ont été ajoutées et 161 kW de puissance d’éclairage LED ont été installés dans le cadre de projets de renouvellement de l’éclairage.
Environ 800 000 euros ont été alloués à divers projets de remplacement de l’éclairage. Ces interventions permettraient de réduire lesémissions annuellesde CO₂ d’environ 74 tonnes.
Prisons et bâtiments judiciaires
La justice et la sécurité occupent une place importante dans le portefeuille d’investissements. En 2025, les travaux de construction de la nouvelle prison d’Anvers se sont poursuivis. Selon la Régie, la quasi-totalité des bâtiments était achevée à la fin de l’année et l’aménagement extérieur prenait également forme. La livraison est prévue pour le deuxième semestre 2026.
À Vresse-sur-Semois, le contrat a été signé en novembre 2025 avec le consortium chargé de la construction de la nouvelle prison de Sugny. Le projet est réalisé dans le cadre d'un contrat DBFM. Les travaux sont prévus pour la période 2027-2029, après l'obtention des autorisations nécessaires.
Des travaux de rénovation et d’efficacité énergétique ont également été réalisés dans les prisons existantes. À Jamioulx, par exemple, 242 fenêtres ont été remplacées dans le quartier cellulaire. À la prison d’Andenne, 988 panneaux solaires ont notamment été installés, parallèlement à des travaux sur les douches, les toitures et les dispositifs de sécurité.
À Bruxelles, les travaux de restauration de la façade du Palais de Justice se sont poursuivis. La première phase porte non seulement sur la façade en pierre naturelle, mais aussi sur les menuiseries extérieures, le péristyle et le réaménagement de la cour d’honneur. Les travaux ont débuté en août 2023 et devraient s’achever à l’été 2026.
Par ailleurs, une étude de faisabilité a été achevée en 2025 concernant la restauration, la rénovation et le réaménagement de l’ensemble de l’intérieur du Palais de Justice. Des études complémentaires étaient encore nécessaires pour certains aspects, notamment la sécurité et la géothermie.
Patrimoine et administrations fédérales
Plusieurs projets patrimoniaux ont également progressé en 2025. La rénovation des façades du Palais royal de Bruxelles a été achevée. Les travaux comprenaient notamment la restauration de plus de 3 000m² de menuiseries extérieures et la pose de vitrages thermo-isolants dans environ 700 fenêtres.
À la Halle-Porte, les travaux de rénovation du toit et des menuiseries extérieures ont débuté en mars 2025. Les travaux comprennent la restauration des ardoises et du lattis, ainsi que la rénovation des fenêtres en bois, des lucarnes et des portes d’entrée. La livraison est prévue pour l’automne 2026.
Au Parc du Cinquantenaire, la rénovation des deux terrasses de l’Arc de Triomphe a été achevée. Parallèlement, les travaux sur les façades et les menuiseries extérieures du Pavillon de l’Aviation du Musée de l’Armée se sont poursuivis.
La Régie a également investi dans la rationalisation des espaces de bureaux. Dans le bâtiment Eurostation à Bruxelles, de nouveaux bureaux et salles de réunion ont été aménagés pour le SPF Justice. À Halle, les services du SPF Finances et du SPF Justice ont été regroupés au sein d’un même centre administratif. À Gand, la rénovation de l’immeuble de bureaux Zuiderpoort s’est poursuivie, dans le but de créer un environnement de travail moderne et de réduire la surface utilisée.
Une perspective à long terme, mais pas de carnet de commandes garanti
Le rapport d’activité souligne un besoin constant de rénovation, d’entretien, d’amélioration énergétique et de nouvelles constructions au sein du patrimoine immobilier fédéral. Le Plan d’investissement pluriannuel offre à cet égard une perspective à long terme avec environ 250 projets et une valeur d’investissement totale estimée à quelque 6,5 milliards d’euros d’ici 2045.
Pour les entrepreneurs, les spécialistes de la rénovation, les installateurs et les bureaux d'études, cela représente un marché potentiel considérable. La mise en œuvre effective des projets dépend toutefois des crédits disponibles, de l’approbation et de la mise à jour du plan d’investissement, des autorisations requises et des priorités politiques.
Source : Rapport d'activité 2025