Percement et renforcement d’un plancher
à quoi faut-il penser?
La rénovation d’un plancher ne s’improvise pas, d’autant moins lorsque des percements sont envisagés. Cet article présente les principales règles de bonne pratique à respecter pour n’importe quel type de plancher. Il fait également le point sur le renforcement des planchers en bois.
Avant de rénover un plancher ou de modifier sa structure, il convient d’analyser son état et de s’assurer qu’il est capable de reprendre les charges d’utilisation prévues. On doit savoir aussi quels sont les éléments à contrôler. Si des travaux de percement nécessitent le renforcement du plancher, l’entrepreneur veillera à prévoir un étançonnement adéquat, afin de limiter l’impact des travaux sur la stabilité du plancher.
Le type de renfort à prévoir dépend de la taille de la trémie envisagée et de sa position dans le plancher
Carottage et percements pour le passage des techniques spéciales
Les petits percements et carottages verticaux à travers le plancher permettent le passage des techniques spéciales (eau, électricité, ventilation ...). Le diamètre des réservations varie de quelques millimètres à environ 30 cm.
Avant d’effectuer un percement ou un carottage, on vérifiera qu’aucun circuit ni aucune conduite encore alimentés ne se trouvent dans le passage. Différents appareils d’auscultation des bétons (de type scanner) peuvent être utilisés afin de repérer l’emplacement des conduites et du ferraillage (voir le Dossier du CSTC 2021/3.1).
Une attention particulière doit être portée à l’étanchéité à l’air (lorsque le percement traverse le volume protégé) et à la performance acoustique visée. On consultera la NIT 255 en ce qui concerne l’étanchéité à l’air des bâtiments ainsi que le Dossier du CSTC 2017/4.14 pour ce qui est des aspects acoustiques.
Pour les percements rectangulaires dans les hourdis en béton, certains fabricants fournissent des abaques avec les dimensions maximales des réservations à respecter. Celles-ci sont généralement de 1 m de longueur sur 40 cm de largeur. Au-delà, il convient de renforcer le plancher à l’aide d’un chevêtre en acier ou en béton armé (voir ci-après).
Création d’une réservation de grande dimension
Lors de la création d’une ouverture dans un plancher (trémie pour le placement d’un escalier, par exemple), on recommande de placer à l’étage inférieur des étais de maçon, et ce avant de procéder au démontage d’une partie de la structure du plancher. Les étais doivent être calés entre des poutres en bois sur tout le pourtour de la future trémie, au plus proche de la périphérie.
Le plancher peut être de plusieurs types: ossature en bois ou structure métallique, béton armé coulé en place, hourdis en béton armé ou précontraint … L’ouverture d’une trémie dans un plancher ou une dalle nécessite d’observer et de comprendre comment l’ossature du plancher a été conçue.
Dans tous les cas, la création d’une ouverture implique de sectionner une partie relativement importante de la structure porteuse du plancher et de renforcer le reste de l’ossature. Le type de renfort à prévoir dépend de la taille de la trémie envisagée et de sa position dans le plancher (voir tableau A). D’une manière générale, on retiendra que si l’on sectionne plus d’un élément porteur du plancher, il est recommandé de faire appel à un bureau d’études en stabilité qui dimensionnera précisément le renforcement à prévoir.
Rigidification ou renforcement d’un plancher en bois
En comparaison avec un plancher en béton ou en acier, un plancher en bois est sensible aux déformations et aux vibrations (générées notamment par la marche). Lors de la rénovation d’un plancher en bois, on s’informera auprès de l’utilisateur pour savoir quel niveau de déformabilité et de confort vibratoire lui semble acceptable. On pourra ainsi choisir une composition adéquate de la structure du plancher.
Avant tout travaux de renforcement, il convient d’étançonner le plancher afin d’assurer sa stabilité lors de la phase de travaux et d’éviter des déformations permanentes inacceptables.
Différents moyens de renforcement sont envisageables pour un plancher en bois. Le type de renforcement sera choisi selon le niveau de performances mécaniques et vibratoires visé, ainsi que selon la hauteur sous plafond disponible. D’autres considérations, comme le confort acoustique et la sécurité incendie, peuvent influencer le choix. Le tableau B montre trois exemples de renforcement et leur influence sur la rigidité d’un plancher en bois composé de solives de 7,5/22,5 cm.
Source: Dossier du CSTC 2022-01.09