Comment choisir le bon traitement de l'eau?
Un traitement de l'eau adapté aux besoins de l'utilisateur
La dureté de l'eau reste un problème dans une grande partie de la Belgique. Elle provoque à la fois des désagréments visibles et des dégâts cachés sur les canalisations, les appareils électroménagers et les systèmes de chauffage. Dans le même temps, la demande de systèmes compacts, efficaces et conviviaux, pouvant être facilement intégrés dans des espaces restreints, ne cesse de croître. Pour les installateurs, il s'agit non seulement d'une responsabilité technique, mais aussi d'un rôle de conseil évident. Mais comment répondre au mieux aux besoins de vos clients?
Pourquoi traiter l'eau?
Notre eau contient des minéraux de dureté, tels que le calcium et le magnésium, qui peuvent provoquer des dépôts de calcaire. Le calcaire entraîne des rétrécissements dans les canalisations, une réduction du débit et, à terme, des obstructions. Les éléments chauffants des chaudières, des lave-linge ou des cuisinières à chaleur sont confrontés à une couche isolante de calcaire, ce qui nécessite plus d'énergie pour fournir la même performance. Cela augmente la consommation et réduit la durée de vie des appareils. Les dépôts de calcaire sont également gênants sur le plan visuel: les robinets, les parois de douche et les appareils sanitaires perdent rapidement leur attrait esthétique.
Le confort de l'utilisateur n'est pas en reste. L'eau douce est plus agréable lors du bain et de la douche et a un effet bénéfique sur la peau et les cheveux. En même temps, il est important de veiller à ce que la dureté résiduelle soit correcte: une eau trop douce peut endommager les canalisations.
Dureté de l'eau en Belgique
Avant de recommander un système de traitement de l'eau, il convient de connaître la dureté de l'eau dans la région concernée. En Belgique, la dureté varie en effet fortement d'une région à l'autre, en fonction du sous-sol géologique et de l'origine de l'eau. Les installateurs peuvent consulter les valeurs pertinentes via les informations interactives sur la dureté fournies par les fournisseurs d'eau locaux.
La dureté de l'eau en Belgique est généralement exprimée en degrés français (°F) et est divisée en plusieurs catégories:
- >45 °F: très dure
- 30-45 °F: dure
- 15-30 °F: moyennement dure
- 7-15 °F: douce
- 0-7 °F: très douce
Techniques de traitement de l'eau
Lorsque les installateurs parlent de traitement de l'eau, il est important de faire une distinction claire entre un véritable adoucissement et une protection contre le calcaire. Tous les systèmes qui réduisent le calcaire ne fournissent pas forcément de l'eau douce.
Filtres
Filtre de lavage à contre-courant:
La première étape de la purification de l'eau consiste à placer un filtre à contre-courant après le compteur d'eau. La crépine du filtre se salit en raison des sédiments transportés par l'eau de ville. L'eau sale est envoyée à l'égout - automatiquement ou manuellement - environ tous les 10 litres. Le filtre de lavage à contre-courant assure ainsi la protection de l'adoucisseur d'eau ou de l'adoucisseur contre les sédiments.
Désinfection par UV:
La désinfection par UV permet de neutraliser les bactéries et les micro-organismes présents dans l'eau grâce à la lumière ultraviolette. Cette technique ne modifie pas la composition chimique de l'eau et s'applique principalement à l'eau de puits ou à l'eau de pluie. La désinfection par UV est principalement utilisée comme technique complémentaire.
Adoucissement de l'eau
Échange d'ions:
L'adoucissement de l'eau par échange d'ions est la seule technique qui élimine réellement les ions de calcium et de magnésium de l'eau. Ces ions commencent à se fixer sur un lit de résine. Une fois que la résine est saturée, elle est régénérée avec une solution saline concentrée. Les billes de résine repoussent les particules de calcium et de magnésium et sont remplacées par des ions de sodium. Il en résulte une eau véritablement douce, sans risque d'entartrage des canalisations et des appareils. Cette technique nécessite une évacuation de l'eau de rinçage, un entretien périodique et une recharge en sel.
Osmose inverse:
Dans l'osmose inverse, l'eau est poussée sous pression à travers une membrane qui retient presque toutes les substances dissoutes, les bactéries et les contaminants. La membrane polymère utilisée présente des trous si petits que seules les molécules d'eau peuvent la traverser. Le résultat: une eau déminéralisée de très haute qualité. Cette technique est principalement utilisée dans les applications industrielles, mais elle peut également être installée dans les habitations privées. L'inconvénient est toutefois la perte d'eau relativement importante et la nécessité d'un entretien régulier.
Dans le passé, les appareils proposés avaient une perte d'eau élevée et nécessitaient beaucoup d'entretien. Aujourd'hui, des marques de premier ordre proposent exclusivement des appareils d'osmose inverse, grâce à Directflow, avec une perte d'eau minimale et peu d'entretien.
Filtres TAC et filtres à polyphosphates:
Les filtres à TAC et à polyphosphates assurent la cristallisation du calcaire, empêchant ainsi son dépôt. Ces systèmes sont compacts, sans entretien et fonctionnent sans sel, ce qui les rend intéressants en cas de manque de place, mais ils n'offrent pas d'adoucissement complet.
Traitement par granulés:
Dans le traitement par granulés, l'eau passe par un réacteur contenant des granulés spéciaux qui modifient la structure des particules de calcium. Le calcium reste présent dans l'eau, mais il a moins tendance à se déposer sur les canalisations et les appareils. Le système fonctionne sans sel, ce qui est avantageux pour les applications industrielles. Il convient de noter qu'en cas de chauffage, l'effet peut être partiellement perdu, ce qui peut encore entraîner un entartrage visible. Il s'agit donc d'une protection contre le calcaire et non d'un véritable adoucissement.
Injection de CO2:
Outre l'échange d'ions, il existe des systèmes qui neutralisent le calcaire au lieu de l'éliminer. Dans les systèmes d'injection de CO2, le calcaire reste en solution lorsque le pH est abaissé, ce qui réduit les dépôts dans les canalisations. Toutefois, les minéraux restent présents dans l'eau, ce qui signifie que les traces de calcaire visibles ne disparaissent pas complètement.
Deux mises en garde importantes méritent d'être signalées. Tout d'abord, les performances de ce système dépendent du type de canalisation. Une injection mal régulée de CO2 dans l'eau peut perturber modérément le niveau du pH, ce qui peut entraîner une corrosion accélérée de l'intérieur en métal mou de la robinetterie. Deuxièmement, la bouteille de CO2 peut constituer un danger si elle est installée dans un endroit où la ventilation est minimale. La limite légale de concentration de CO2 dans l'air de ventilation est de 2,9%. Pour respecter cette limite, une pièce non ventilée dans laquelle est placée une bouteille de CO2 de 10 kg doit avoir un volume supérieur à 170 m3.
Dimensionnement
Un bon conseil commence toujours par les besoins du client. Le premier paramètre à prendre en compte est la composition de la famille. Regardez la consommation journalière maximale: si la consommation d'eau dépasse le débit, il est possible que l'eau ne soit que partiellement adoucie et qu'une dureté résiduelle subsiste dans l'eau traitée. Les meilleurs appareils sont dotés d'un double contrôle de la dureté.
En outre, la capacité totale d'adoucissement joue également un rôle. Elle détermine en partie la fréquence de régénération de l'appareil. Idéalement, la régénération a lieu toutes les 96 heures - comme le prescrit le DVGW (D) - pour une meilleure hygiène. Le budget du client et l'emplacement de l'appareil sont également des paramètres qui entrent en ligne de compte.
Simplex, duplex ou triplex
Pour un ménage moyen, un appareil simplex avec un réservoir de résine est souvent suffisant. Il se régénère parfois sans consommer d'eau, mais ne fournit pas d'eau douce pendant la chasse d'eau. Si le client souhaite de l'eau douce 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, un système duplex avec deux réservoirs de résine est approprié. Les réservoirs de résine fonctionnent en alternance: lorsqu'un réservoir est saturé et commence à se régénérer, l'autre prend le relais. De cette manière, l'eau douce est toujours garantie, mais ce type d'appareil a tendance à être plus cher qu'un modèle simplex. Les systèmes triplex, en revanche, constituent la solution optimale pour les applications industrielles.
Bloc mono ou duo
Dans le cas des adoucisseurs d'eau à échange d'ions, on fait souvent la distinction entre les appareils monoblocs et les appareils duoblocs. La différence ne réside pas dans le fonctionnement, mais dans la construction et l'emplacement des composants.
Dans un appareil monobloc, l'unité d'adoucissement et le réservoir de sel sont intégrés dans un seul boîtier. Ce type d'appareil est compact, esthétique et facile à installer, mais il présente l'inconvénient d'être moins hygiénique car l'extérieur de la bouteille en résine est en contact avec l'eau potable. Les monoblocs sont particulièrement adaptés aux applications résidentielles avec une consommation d'eau moyenne et un espace d'installation limité. Grâce à leur construction compacte, ils s'intègrent facilement dans les sous-sols, les réserves ou les armoires techniques. Les marques les plus qualitatives proposent des duoblocs en configuration monobloc où le réservoir de sel peut être glissé parfaitement autour de la bouteille de résine en termes de conception (la bouteille de résine n'est donc pas dans le réservoir de sel et aucune fibre de verre ne peut donc pénétrer dans l'eau potable).
Un duoblock se compose de deux éléments distincts: l'unité d'adoucissement et un bac à sel séparé. Cette disposition offre une plus grande souplesse d'installation et est intéressante lorsque l'espace disponible est irrégulier ou limité. Les appareils duobloc sont plus couramment utilisés pour les grandes installations ou les applications commerciales, mais ils peuvent également constituer une solution dans les habitations lorsqu'un appareil monobloc ne convient pas.
Installation d'un adoucisseur d'eau
Un adoucisseur d'eau peut être installé de différentes manières, par exemple sur un socle, ce qui réduit le risque d'intrusion d'eau et contribue donc à une installation sûre. En cas de manque de place, le montage mural au moyen de supports de suspension est une alternative intéressante, car l'appareil n'occupe alors pas d'espace au sol. Il faut toutefois tenir compte de la proximité d'une prise de courant. La température ambiante est un autre élément important: les températures négatives doivent être évitées à tout prix, car le gel peut endommager les têtes de l'appareil. Une bonne isolation autour de l'adoucisseur d'eau est donc essentielle.
Conformément à la réglementation en vigueur, il faut éviter les retours d'eau vers le réseau d'eau potable. Pour ce faire, l'adoucisseur d'eau doit être installé immédiatement après le compteur d'eau, et il est obligatoire de prévoir un clapet anti-retour séparé. L'évacuation de l'eau de rinçage nécessite également une interruption physique (lame d'air) ou l'installation d'un siphon agréé par Belgaqua conformément à la norme EN1717 pour éviter le reflux des eaux usées dans l'eau potable. Une vidange directement dans le tuyau d'évacuation peut entraîner une grave contamination bactériologique dans l'adoucisseur d'eau et donc dans l'eau potable. Pour obtenir une hygiène optimale, les marques haut de gamme proposent également une désinfection automatique de la résine à chaque régénération.
Un by-pass est indispensable pour continuer à fournir de l'eau pendant l'entretien. En outre, il est essentiel de mesurer correctement la dureté de l'eau entrante et de régler l'appareil avec précision. Un mauvais réglage entraîne une consommation inutile de sel ou un adoucissement insuffisant.
Entretien et suivi
Quelle que soit la marque ou le type d'appareil, un entretien annuel est vivement recommandé. Il s'agit de vérifier la dureté de l'eau non traitée et de l'eau traitée et de confirmer le bon fonctionnement de l'appareil. Les appareils intelligents dotés d'une surveillance à distance peuvent apporter une aide supplémentaire aux installateurs: les notifications en cas de pénurie de sel ou de consommation anormale permettent d'intervenir de manière proactive.
Les clients peuvent faire remplir leur réservoir de sel par le biais d'un contrat d'entretien - si l'entreprise le propose. Le client souhaite-t-il s'en charger lui-même? Dans ce cas, conseillez-lui de remplir le sel aux trois quarts. Il est également conseillé d'utiliser du sel de qualité supérieure sous forme de pastilles rondes. D'autres sels moins chers peuvent conduire à des fractions fines: les morceaux de pastilles réduits en poudre peuvent provoquer des blocages dans le bac à sel, entraînant des pannes. Les appareils intelligents et de qualité supérieure indiquent eux-mêmes le niveau de sel.
En collaboration avec BWT, Judo, Syr Oceanic et Watasoftana.