Jeamie Hendrickx triomphe aux Belgian Garden Masters
Le résident de Brechten remporte trois prix
En tant qu'architecte paysagiste de renom, Jeamie Hendrickx s'est constitué un portfolio impressionnant au fil des ans. Ses trois médailles d'or remportées aux Belgian Garden Masters, auxquelles s'ajoutent de nombreuses autres distinctions, prouvent que ce natif de Brechten possède une signature artistique forte et adaptable. GardenPro s'est entretenu avec ce jeune talent afin de découvrir quels choix rendent son travail si unique.
Échapper à la course effrénée
Au départ, Jeamie s'était engagé sur une voie bien éloignée du grand air. Pris au piège entre les codes binaires d'une formation en informatique, il s'est rapidement senti étouffé, tandis qu'un diagnostic de dyslexie rendait le parcours académique classique encore plus difficile. "Mais, têtu comme je l'étais, j'ai tout de même opté pour une formation d'architecte paysagiste. C'est également pendant mes études à l'Erasmus Hogeschool de Jette que les germes de la philosophie que j'applique encore aujourd'hui dans mon travail ont été semés", se souvient-il.
"Avant tout, je veux rendre les gens heureux grâce à leur propre espace vert, où ils peuvent se détendre loin de la société trépidante et de la course effrénée au succès. Un endroit où ils peuvent s’évader un instant et profiter, ou revivre un souvenir de leur destination de vacances préférée. J'aime faire découvrir aux gens tout ce qu'il est possible de faire en associant judicieusement les couleurs des plantes, le tout accompagné de nombreux parfums délicieux."
Fort en jardins urbains
Les jardins urbains, en particulier, ont toujours exercé un attrait particulier sur Jeamie, notamment parce qu’ils l’obligent à faire preuve d’ingéniosité pour s’adapter à des contraintes strictes. "Plus la surface est petite, plus le choix de certains types de matériaux et de plantes se remarque et pèse dans la balance", explique-t-il. "Le plus beau, c'est la réaction des habitants qui pensaient que leur jardin était « trop petit » pour leurs envies. Grâce à des circulations bien pensées, des textures adaptées et une palette de couleurs audacieuse, il devient possible de créer un espace extérieur qui semble plus grand que ne le laisse supposer sa superficie réelle."
"Les jardins copiés-collés manquent de l'originalité nécessaire pour vraiment marquer les esprits"
De l'or dans plusieurs catégories
Les trois médailles d'or remportées par Jeamie lors du concours professionnel Belgian Garden Masters démontrent toutefois que le gérant n'excelle pas seulement dans les jardins urbains, mais qu'il est un véritable touche-à-tout capable de créer quelque chose de magistral à partir de n'importe quel environnement et contexte. "Que ce soit dans les grands ou les petits jardins, j'essaie de ne pas adopter une approche trop classique ou commerciale. Les jardins copiés-collés demandent peut-être peu d’efforts, mais ils manquent de la personnalité nécessaire pour marquer véritablement les esprits", explique-t-il.
Un microclimat protégé au cœur de Berchem
Dans la catégorie des jardins de moins de 500 m², Hendrickx a prouvé qu’une surface réduite ne doit pas nécessairement être un obstacle à une expérience de vie de qualité. À Berchem, il a redonné vie à un jardin urbain profond et inutilisé pour en faire un havre familial. "Tout commence par la terrasse ensoleillée, entourée de plantes grimpantes envoûtantes qui sont à la fois visuellement attrayantes et délicieusement parfumées. De là, un large chemin de gravier mène plus loin dans le jardin, vers le coin salon confortable", décrit le concepteur. "Le microclimat protégé fait immédiatement oublier au visiteur qu’il se trouve en plein cœur de la ville, et l’orientation sud ainsi que l’emplacement clos créent un espace extérieur où les plantes d’inspiration méditerranéenne s’épanouissent à merveille."
Un jardin-parc aux accents luxueux
Sa médaille d'or dans la catégorie des jardins de plus de 1 000 m² démontre comment l'essence même d'un jardin urbain – le sentiment de sécurité et la proximité tactile – peut également s'épanouir sur une plus grande superficie. Les travaux ont commencé en plein cœur d’un été caniculaire, avec un jardin desséché et la nécessité d’intégrer rapidement une piscine de manière raffinée. "Bien que la propriétaire soit passionnée par les plantes, l’espace manquait de couleur et de variété. Le point de départ était de renforcer le paysage en ajoutant de nouvelles structures et en transformant les bordures en un ensemble riche et accueillant."
Au départ, les occupants restaient fermement attachés à leurs propres convictions, mais la première ébauche a provoqué un revirement. "Très vite, il est apparu clairement à quel point des ajustements subtils apportaient, d’un seul coup d’œil, plus de sérénité et de cohésion", raconte Jeamie. Lors d’une journée portes ouvertes, le jardin a émerveillé trois cents visiteurs par sa diversité et son souci du détail, sans pour autant donner une impression de chaos.
Hommage à la campagne française
Enfin, Jeamie a remporté la médaille d'or dans la catégorie 'conception de jardins' grâce à la reconversion d'une ancienne ferme à Brecht. "Les étables autrefois abandonnées ont été transformées en une charmante maison de vacances qui rappelle l'atmosphère de la campagne française. Des formes organiques s’étendent à travers l’espace et apportent du mouvement à l’ensemble, avec des parterres surélevés qui dansent subtilement entre les bâtiments rénovés. La végétation luxuriante garantit couleurs et parfums tout au long de l’année, créant ainsi une symbiose entre matériaux modernes et nature luxuriante. Le résultat final est un espace extérieur fonctionnel à l’atmosphère sereine, où les familles peuvent profiter en toute liberté de la douceur de vivre."
"Le fait que, dans une commune, on puisse imperméabiliser entre 5 et 30 % de la superficie effective, alors que Bruxelles applique des règles totalement différentes, est difficilement explicable"
LE SAVIEZ-VOUS…
Que Jeamie avait déjà remporté deux prix en 2020? Pour son 'jardin urbain provençal' à Anvers, il a reçu la médaille d'argent et le prix du public décernés par l'association des paysagistes flamands. "Le client m'a donné carte blanche. Les seules consignes étaient les mots-clés 'provençal', 'facile d’entretien' et 'économique', sans oublier le détail piquant que le jardin intérieur se trouvait au-dessus d’un parking souterrain", raconte-t-il en riant. Il fallait donc récupérer la terre existante pour réduire les coûts, et il était indispensable de s’attaquer à la structure du sol et à la gestion de l’eau."
Se heurter à la réglementation
Les ambitions démesurées que Jeamie nourrit dans le cadre de ses missions se heurtent régulièrement à la réglementation locale, qui pèse comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête de nombreux architectes paysagistes. La frustration face à ces prescriptions rigides est donc particulièrement profonde.
"Notre secteur est confronté à une législation fragmentée qui peut varier considérablement d’une commune à l’autre, ce qui entraîne une incompréhension chez les clients et une frustration chez les professionnels. Le fait que dans une commune, on puisse imperméabiliser entre 5 et 30% de la surface effective, alors que Bruxelles applique des règles totalement différentes, est difficilement explicable." Le Brechtenaar plaide donc en faveur d’une politique uniforme, comparable à celle des Pays-Bas, où des pourcentages clairs s’appliquent en matière d’imperméabilisation.