Infiltration des eaux de pluie: quoi, quand et comment?
Qu’est-ce que l’infiltration des eaux de pluie et quand est-elle obligatoire en Belgique? Découvrez comment infiltrer les eaux de pluie, quelles règles s’appliquent en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles, et quelles solutions existent.
Infiltration des eaux de pluie: quoi et quand?
Qu’est-ce que l’infiltration des eaux de pluie?
L’infiltration des eaux de pluie consiste à faire pénétrer dans le sol l’eau de pluie que vous ne récupérez pas via une installation de récupération, au lieu de l’évacuer vers les égouts. L’eau s’infiltre dans le sol, recharge les nappes phréatiques et contribue à éviter que votre jardin ne se dessèche rapidement pendant les périodes sèches.
En cas de fortes pluies, un réseau d’égouttage vieillissant ne peut souvent pas absorber ces grandes quantités d’eau, ce qui peut entraîner des inondations et des nuisances. C’est aussi pour cette raison que l’infiltration constitue une solution utile.

Quand l’infiltration des eaux de pluie est-elle obligatoire?
L’obligation relative à l’infiltration des eaux de pluie en Belgique varie selon la région. La Flandre, la Wallonie et Bruxelles appliquent chacune leurs propres règles, même si la tendance générale est la même partout : l’eau de pluie doit être autant que possible captée, réutilisée ou infiltrée sur votre propre terrain, plutôt que rejetée dans les égouts.
En Flandre
En Flandre, l’infiltration des eaux de pluie est clairement réglementée via l’arrêté régional relatif aux eaux pluviales. Elle est obligatoire en cas de nouvelle construction, de reconstruction, de rénovations importantes et d’extensions, mais aussi lors de l’aménagement de nouvelles surfaces imperméabilisées telles que des terrasses ou des allées. Cette obligation s’applique dès que la surface drainée dépasse 40 m².
Des exceptions peuvent exister : parcelles très petites (total < 120 m²) ou situations où vous pouvez démontrer de manière motivée que cela n’est pas techniquement possible.
La surface d’infiltration doit représenter au moins 8 % de la surface drainée (somme totale des toitures, allées et terrasses). Lors du calcul de cette surface drainée, vous pouvez parfois déduire un certain nombre de mètres carrés de la surface réelle.
Par exemple, si une citerne d’eau de pluie correctement dimensionnée est présente, vous pouvez déduire 30 m² par unité de logement. En cas de toiture végétalisée, la moitié de la surface de toiture est prise en compte dans la surface drainée, à condition que la toiture verte dispose d’une capacité de rétention minimale de 50 l/m².
En Wallonie
En Wallonie, la réglementation est moins uniforme au niveau régional. La gestion des eaux de pluie y est encadrée par le Code de l’Eau ainsi que par des prescriptions urbanistiques locales. En pratique, cela signifie que l’infiltration n’est pas explicitement obligatoire partout, mais elle est fortement encouragée et souvent imposée comme condition dans le permis d’urbanisme.
Dans les projets de nouvelle construction, les eaux de pluie doivent généralement être gérées sur votre propre terrain, par exemple via une combinaison d’une citerne d’eau de pluie et d’un système d’infiltration ou d’un rejet différé. Les obligations exactes peuvent toutefois varier d’une commune à l’autre, ce qui rend indispensable une vérification locale.
Dans la Région de Bruxelles-Capitale
En cas de nouvelle construction, de rénovation importante et de nouvelles surfaces imperméabilisées, les eaux de pluie doivent en priorité être réutilisées ou infiltrées. La réglementation suit un ordre de priorité clair : d’abord la réutilisation via une citerne, ensuite l’infiltration dans le sol, puis la rétention et, en dernier recours seulement, l’évacuation vers les égouts. L’infiltration est obligatoire dans de nombreux cas, sauf s’il peut être démontré qu’elle n’est pas techniquement réalisable.
Les toitures végétalisées jouent un rôle important dans la gestion des eaux de pluie à Bruxelles. Elles sont obligatoires dans certains cas (par exemple pour les grandes toitures plates selon les règles urbanistiques régionales) et fortement recommandées dans d’autres situations dans le cadre d’une gestion durable de l’eau et du climat.
Conseil
Veuillez noter que les autorités locales peuvent imposer des règles plus strictes que la législation régionale. Il est donc toujours conseillé de vérifier vos projets au préalable auprès de votre commune.
Comment infiltrer les eaux de pluie ?
L’infiltration des eaux de pluie peut se faire à l’aide d’un système en surface ou d’un système souterrain. La réglementation impose en priorité une infiltration en surface, par exemple via des noues (wadis) ou des revêtements perméables.
Si cela n’est pas possible (par exemple pour des jardins de moins de 100 m² et d’une largeur inférieure à 6 m), vous pouvez demander une dérogation pour un système d’infiltration souterrain, par exemple avec des caissons d’infiltration.
Infiltration en surface
Revêtements perméables ou drainants
En surface, vous pouvez déjà favoriser l’infiltration en limitant les surfaces imperméables. Il existe aujourd’hui de nombreuses solutions de revêtements perméables (l’eau traverse le matériau) ou drainants (l’eau passe entre les joints des dalles ou des pavés). Les revêtements semi-perméables, comme le gravier décoratif, constituent également une option populaire.
Prévoir des caniveaux
Votre revêtement n’est pas perméable? Des caniveaux ou rigoles peuvent alors être installés pour évacuer efficacement les eaux de pluie. Vous pouvez les diriger vers un dispositif d’infiltration ou les raccorder au trop-plein de votre système de récupération d’eau de pluie, lui-même connecté à un dispositif d’infiltration souterrain. Veillez en tout cas à prévoir une pente suffisante pour votre terrasse : une pente de 1 à 2 cm par mètre est généralement recommandée.
Avec une noue (wadi)
Une troisième solution consiste à créer une noue dans votre jardin. Il s'agit d'un puits dans votre jardin où l'eau de pluie s'infiltre dans le sol par le biais de la plantation, souvent facilitée au moyen d'un puits d'infiltration enterré avec du gravier, des pierres de lave ou des billes d'argile cuites.
Vous pouvez y déconnecter votre descente d’eau pluviale afin que l’eau provenant de votre toiture soit dirigée vers la noue via un caniveau de surface. Celle-ci retient l’eau et la laisse s’infiltrer dans le sol. Idéalement, le trop-plein de votre citerne d’eau de pluie est également dirigé vers cette noue.
Conseil
Le type de revêtement que vous choisissez influence également le calcul de votre surface d’infiltration. Les surfaces imperméables sont entièrement prises en compte. En revanche, si vous utilisez un matériau perméable, votre allée ou votre chemin de jardin n’est pas considéré comme une surface imperméable si la pente ne dépasse pas 5%. Jusqu’à récemment, il fallait également prévoir un caniveau ou un raccordement à un dispositif d’infiltration en bas de pente, mais ce n’est désormais plus obligatoire.

Infiltration souterraine
Un système d’infiltration souterrain est constitué de blocs spécifiques absorbants (en laine de roche) ou de blocs entourés d’un géotextile, enterrés dans une tranchée dans le jardin et raccordés au trop-plein de votre citerne d’eau de pluie.
Le nombre de blocs dépend de la perméabilité du sol et de la surface à traiter. Veillez également à ce qu’ils soient situés au-dessus du niveau de la nappe phréatique. Si votre habitation se situe dans une zone où le niveau de la nappe est toujours élevé, prévoyez des blocs de faible hauteur. Si vous habitez dans une zone de captage d’eau, l’infiltration souterraine n’est pas autorisée.
Lors de fortes pluies, l’eau est acheminée via un tuyau perforé vers les blocs en laine de roche, qui la stockent puis la restituent lentement au sol. Les éventuelles impuretés sont filtrées à l’aide d’un filtre.
