Nouvel engagement pour un cacao plus durable
La Conférence Mondiale du Cacao débouche sur la Déclaration de Bruxelles
La cinquième édition de la Conférence Mondiale du Cacao s'est tenue dans notre capitale à la fin du mois d'avril 2024. De nouveaux engagements en faveur du cacao durable ont été pris dans la future Déclaration de Bruxelles, qui insiste notamment sur la nécessité d'assurer un revenu de subsistance aux producteurs de cacao. Choprabisco a participé au sommet international du cacao en tant que représentant du secteur belge du chocolat, deuxième exportateur mondial.
Accord de principe
La cinquième édition de la Conférence Mondiale du Cacao (CMC) s'est clôturée à Bruxelles le 24 avril 2024. Les représentants des 52 pays membres de l'organisation internationale du cacao (ICCO) se sont retrouvés pendant 4 jours au centre de conférence The Square pour réfléchir à la manière de relever les défis actuels de l'économie cacaoyère. Les plus de 1.000 acteurs du monde entier y ont conclu un accord de principe sur un texte de nouveaux engagements pour les années à venir. La Déclaration de Bruxelles entrera en vigueur après la finalisation des processus décisionnels internes de l'UE et de certains États membres de l'ICCO.
Déclaration de Berlin (2018)
La Belgique importe à elle seule 300.000 tonnes de fèves de cacao par an, dont 70% proviennent de Côte d'Ivoire et du Ghana. Ces pays abritent de petits producteurs de cacao, dont beaucoup vivent dans la pauvreté. Le fait qu'un cultivateur de cacao moyen en Afrique de l'Ouest ne puisse même pas générer la moitié d'un revenu vital pour sa famille entraîne des risques de travail des enfants et/ou de déforestation. C'est pourquoi le précédent CMC, en 2018, avait déjà adopté la Déclaration de Berlin, qui faisait du revenu vital une priorité. Depuis, le secteur s'est efforcé de mieux soutenir les producteurs de cacao dans les pays d'origine.
Déclaration de Bruxelles
L'objectif principal de la Déclaration de Bruxelles est d'obtenir un cacao durable, avec un prix équitable tout au long de la chaîne de valeur.
Payer plus pour un cacao durable
Le texte souligne la nécessité d'un cacao durable, basé sur l'obtention d'un revenu de subsistance essentiel pour les producteurs de cacao. Il tient également compte des coûts environnementaux et sociaux, du rôle particulier des femmes, de l'importance de la microfinance, du reboisement et de l'agroforesterie ou encore de l'importance de la protection sociale. La future déclaration souligne également les interconnexions entre le problème de la pauvreté et ses conséquences (telles que la déforestation et le travail des enfants) et appelle à la création d'un cadre juridique spécifique pour le devoir de diligence des entreprises en matière d'environnement et de droits de l'homme.
Un cacao durable basé sur l'obtention d'un revenu de subsistance pour les cultivateurs de cacao
L'ICCO mettra ensuite en place un mécanisme de suivi de la mise en œuvre des engagements de la déclaration.

Défis pour le marché belge
Le secteur belge du chocolat, de la biscuiterie et de la confiserie, avec ses 170 membres et ses 7,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires, compte 600 employeurs et 14.200 employés. Sur les 6,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires de la production de chocolat, 56% (3,4 milliards d'euros) sont exportés. Avec 668.000 tonnes de chocolat exportées, la Belgique est le deuxième exportateur mondial de chocolat, après l'Allemagne. Il est donc important de relever les défis mondiaux avec autant de rigueur en Belgique.
Beyond Chocolate
En 2018, l'initiative a été prise de placer la durabilité au cœur du secteur chocolatier belge, au même titre que la qualité supérieure.
Dans Beyond Chocolate, les entreprises chocolatières et les chocolatiers belges, ainsi que toutes les autres parties prenantes concernées (supermarchés, ONG, organismes de certification et universités), s'engagent à rendre durable tout le chocolat produit et vendu en Belgique. Le partenariat vise à ce que tout le chocolat produit et/ou vendu en Belgique soit certifié ou conforme à un programme d'entreprise durable d'ici 2025. D'ici à 2030, Beyond Chocolate souhaite que les producteurs de cacao liés au marché belge gagnent un salaire décent. En tant que partenariat belge, Beyond Chocolate a été la première initiative en Europe à inclure dans sa charte un revenu vital pour les producteurs de cacao.
"Si nous voulons offrir à nos clients une part de bonheur à travers notre chocolat, nous ne pouvons pas nous permettre de laisser les producteurs de cacao vivre dans la pauvreté", résume Philippe de Selliers, président de Choprabisco. "C'est pourquoi Choprabisco encourage ses membres à s'engager en faveur de la durabilité. Cela ne fait que renforcer le prestige du chocolat belge, qui est si apprécié dans le monde entier."
Guerre des talents
Une grande partie (14%) des plus de 100.000 personnes travaillant dans l'industrie alimentaire belge est employée dans l'industrie du chocolat, de la praline, de la biscuiterie et de la confiserie. Pourtant, quelque 800 postes sont vacants chaque année dans les entreprises du sous-secteur, qui recherchent assidûment des talents et des artisans.
"L'avenir du secteur est entre les mains de jeunes gens motivés qui veulent construire leur avenir avec les chocolatiers ou avec nos entreprises de chocolat, de biscuits et de confiserie. Nous devons les attirer, les former et les motiver pour qu'ils fassent la différence au niveau mondial", déclare le président de Choprabisco.
Les collaborations avec les écoles, l'apprentissage en alternance et les journées portes ouvertes, les visites d'entreprises et les stages sont considérés comme les tremplins parfaits pour accéder à ces entreprises.
Innovation
Le travail et l'engagement des nombreux professionnels du passé ont permis à la Belgique de se doter d'un merveilleux patrimoine. L'écosystème du chocolat du XXe siècle a donné naissance à de grands chefs et chocolatiers, à des marques internationales fortes, à des inventions, à des concours de renommée internationale et à des collaborations uniques avec les écoles professionnelles. Toutefois, cela ne signifie pas que l'industrie peut se reposer sur ses lauriers. Pour que le chocolat belge reste au sommet de la hiérarchie mondiale, le dynamisme, la capacité d'innovation et les ambitions de durabilité du secteur doivent être encouragés au XXIe siècle.

Choprabisco a son rôle à jouer à cet égard en mettant l'accent sur la communication. En présentant les prix (inter)nationaux décernés aux chocolatiers belges, la fédération souhaite mettre en avant la réputation du chocolat belge. Avec son nouveau site web, elle est déjà sur la bonne voie.
Promouvoir le chocolat belge
"Face aux trois défis majeurs que sont la durabilité, l'innovation et le talent, Choprabisco est aux côtés de ses membres pour les soutenir et renforcer l'excellence du chocolat belge. Sa présence au CMC2024 témoigne de cette stratégie proactive", conclut Philippe de Selliers.
CHOPRABISCO
Choprabisco est la fédération sectorielle belge des entreprises produisant et/ou commercialisant du chocolat, des pralines, des biscuits et de la confiserie en Belgique. Elle compte parmi ses membres 170 petites, moyennes et grandes entreprises, allant de l'entrepreneur individuel et de l'entreprise familiale à la société internationale. Ensemble, les membres représentent environ 90% du chiffre d'affaires du secteur, soit 7,7 milliards d'euros en Belgique et 14.200 emplois.
Choprabisco représente les intérêts de ses membres auprès des gouvernements et d'autres acteurs sociaux afin d'obtenir une législation et une réglementation adéquates et de clarifier leur mise en œuvre. À cette fin, elle entretient des contacts réguliers avec, entre autres, les services publics fédéraux Économie, Santé publique et Environnement, Affaires étrangères, les cabinets ministériels et les agences régionales d'exportation (FIT, AWEX, hub.brussels).