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Gérer la nature dans son jardin: comment le faire?

mon jardin

Dans sa propriété de campagne, Jean travaille au rythme de la nature. Mais d'une manière agréable! Il laisse en partie les herbes sauvages et les insectes indigènes occuper l'espace et intervient parfois pour le gérer.

16 août 2023

Transcription

Pour moi, la gestion de l’environnement et le jardinage sont complètement liés et ici, derrière la serre, il y a une prairie, une prairie humide, avec deux mares pleine d'amphibiens, et cette prairie, j'essaie de la transformer en une zone fleurie à tondre deux fois par an. On jette l'herbe coupée pour appauvrir le sol et donner plus de chances aux fleurs. Mais on a un problème ! On le voit ici. Regardez, ce roseau pousse encore ici parce que je n'ai pas été assez profondément lorsqu’on a préparé ce terrain. Nous avons retiré la couche supérieure, la plus fertile, et on s’est retrouvé avec une couche qui contenait encore des graines d'avant, et malheureusement des racines de roseau. Et des racines de roseau, c'est quelque chose de difficile à retirer si on ne le fait pas régulièrement. Et ce que je fais ici, rien de compliqué, c'est que je coupe les roseaux au sécateur, et j'appauvris le terrain. Ensuite, si on tond à nouveau en juillet et en octobre, les roseaux seront délaissés, comme on le voit déjà là-bas derrière, par exemple. C'est donc notre premier boulot. L'important, lorsqu'on gère un espace naturel, c'est de savoir ce qu'on fait, mais surtout pourquoi on le fait. La raison pour laquelle je coupe ce roseau, c’est simplement pour m'assurer que le roseau ne dépasse pas les autres plantes, parce qu’un roseau est beaucoup plus agressif, et puis on a déjà assez de roseau au bord de l'étang et à d'autres endroits dans cette zone, il y a même une Rousserolle effarvatte qui y niche, et donc ici on peut l'enlever, et comme ça je m'assure que les fleurs aient davantage de lumière, comme ces boutons d'or, par exemple, qui sont très jolies cette année. Ah, regardez! Cette plante, ici, nous l'avons semée l'année dernière - rappelez-vous - c'est le Rhinanthe. Et que fait-il? Le Rhinanthe est une petite plante qui s’invite dans les racines de l'herbe avec ses racines aspirantes pour piquer la nourriture qui s'y trouve. Il s'agit d'un semi-parasite, car il transforme aussi la chlorophylle - la photosynthèse - mais sa nourriture provient de l'herbe. Donc là où un Rhinanthe pousse, il y a automatiquement moins d'herbes et donc davantage de possibilités pour d'autres plantes à fleurs. On peut dire que la nature me donne un coup de main. Et si on regarde bien, là aussi, on a un groupe de Rhinanthe, et tout autour, on ne voit presque pas d'herbe. Ca prouve que le Rhinanthe épuise l'herbe. A mon avis, dans quelques années, au printemps, ce sera un champ de Rhinanthesparsemé de toutes ces belles fleurs. Je vois que la Nielle des blés a presque fleurie, mais pas encore tout à fait, on a des fleurs de coucou ici et là, ce qui est nouveau dans ce coin. Voilà, une fleur de coucou, elle fleurit quand le coucou chante. On l'entendra peut-être plus tard, il est de la région. En résumé: la tonte, les rhinantes et on garde tout à l’œil, en comprenant bien ce qu'on fait et pourquoi on le fait, et on pourra transformer chaque parcelle de prairie en un beau coin de nature diversifiée. Dans une réserve naturelle, il y a toujours beaucoup de travail, et en plus de la tonte, on doit élaguer. Et l'élagage, c'est par là que je vais commencer. Ces aulnes ont poussé tout seul, mais se situent du côté sud de mon verger. Et ça ce n'est pas bon, parce qu'avec les années, ils atteindront facilement dix mètres de haut et vont complètement plonger dans l’ombre la première rangée d'arbres. Or, un arbre fruitier a besoin de tout sauf d'ombre. Il lui faut du soleil, c'est pourquoi je vais traiter ces aulnes comme une haie. On va les conserver courts et denses. Oui, j'aiguise ma faux parce qu’on va faucher, gérer des prairies implique de faucher, et j'aime faire ça en silence, avec ce mouvement que mes ancêtres ont répété durant des siècles, précisément avec une faux. Que faut-il faire pour que la faux soit toujours bien aiguisée? Car c'est le secret d'une bonne tonte: travailler avec des outils bien aiguisés.. mais ça ne suffit pas. On commence par battre la faux. Pour battre les faux, on utilisait autrefois une enclumette. Il s’agit en fait d’une enclume en fer, et un marteau adapté. On tapait donc sur le bord de la faux, au niveau de la coupe, jusqu'à ce que ce bord devienne un peu plus fin et donc plus tranchant. Mais aujourd'hui, il existe des outils bien plus faciles à utiliser, et donc même moi, je peux le faire! Et j'en ai un ici. Regardez, c'est un appareil pour battre la faux, je l'ai trouvé en Autriche parce qu'il est introuvable en Belgique et aux Pays-Bas, là-bas on l'appelle le "Dengelbengel" en allemand, un nom un peu farfelu. Dengelen vient du son, quand on tape au marteau - deng, deng, deng … - mais ce n'est plus nécessaire avec cet appareil. Vous allez voir. Voici le bec. Si je déplace ce levier vers le bas, vous verrez que le bec se ferme. Si je place la faux entre le bec, côté tranchant, et que j'abaisse le levier, le bec fait rouler le tranchant, qui devient un peu plus fin vers l'extérieur, ce qui le rend plus coupant. Je commence à l'arrière ici, vers le bas, puis vers le haut, et comme ça, en un rien de temps, grâce à l'acier dur du bec, et à l'acier plus doux de ma faux, le tranchant va automatiquement s'affiner, et donc ensuite, lorsque je passerai ma pierre à aiguiser pour enlever les bavures, j'aurai une faux bien aiguisée comme un rasoir, avec laquelle je pourrai tondre. Regardez, là on voit très bien sur ce côté comment l'acier a été affiné, comment il est devenu un peu plus fin, plus applati, dans cette machine à battre, dans ce Dengelbengel. Il suffit ensuite de retirer les bavures, en passant plusieurs fois la pierre à aiguiser, doucement et toujours en gardant la pierre au ras du tranchant, pas de biais, car on l'émousserait à nouveau. Voilà, et maintenant cette faux est prête à tout couper. Tranchante comme un rasoir, on aura facile à tondre. Voilà, la faux est aiguisée, la faux est martelée, je peux commencer, mais pourquoi est-ce que je fais ça? Pourquoi tondre maintenant? Tout le monde sait qu'il ne faut pas tondre au mois de mai. On laisse les fleurs et l'herbe pousser en mai. Mais vous verrez qu'à long terme, l'herbe devient si haute que si vous la laissez jusqu'à l'hiver, toute la zone va grossir et devenir touffue. Vous aurez alors plus d'herbe, peut-être même des orties ou des ronces. Et ça on veut l’éviter, du coup, il faut tondre. En fait, on coupe pour appauvrir le sol, parce que nous allons aussi jeter les déchets de tonte. Cette tonte a puisé ses nutriments dans le sol, et si nous la jetons après la fenaison - ou même comme ça - le sol s'appauvrit, et un sol pauvre a beaucoup plus de chances d'avoir de belles fleurs qu'un sol riche. Et donc je vais faucher ici, voilà, quarante mètres fois dix mètres, je vais être occupé un moment. Heureusement, mon matériel est bien aiguisé. Bon, je sens que la faux est déjà un peu moins tranchante, on s’arrête à temps, et avec le côté plat, je repasse plusieurs fois dessus, des deux côtés, et elle est à nouveau aiguisée. Bien, regardez, là on j’ai déjà fait un petit bout, mais il me reste encore pas mal de travail. Je vais continuer sans vous, j’ai encore de quoi faire. Salut!

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