chez l'agriculteur biologique
Mon jardin - Ep. 1 - Le jardinage écologique - Aujourd'hui, nous faisons halte dans la région de la Lys, où le chef Broes de 't Vijfde Seizoen à Aalter, et son complice Heikki Verdurme, nous guident lors d’une visite chez l'agriculteur biologique.
Transcription
<p>Aujourd'hui, nous faisons halte dans la région de la Lys, où le chef Broes de 't Vijfde Seizoen à Aalter, et son complice Heikki Verdurme, nous guident lors d’une visite chez l'agriculteur biologique.</p> <p> </p> <p> </p> <p><br />Homme 1<br />Voilà, nous partons ici à la recherche de Bart. Il est censé cueillir des framboises quelque part par ici. Euh, les framboises sont bien mûres, donc je pense qu'il doit se trouver quelque part par ici.</p> <p><br />Homme 1<br />Ah, il est là-bas.</p> <p><br />Homme 3<br />Hé, les touristes!</p> <p><br />Homme 1<br />En plein travail, dirait-on?</p> <p><br />Homme 2<br />Une journée sur le terrain.</p> <p><br />Homme 3<br />Bonjour Bruce</p> <p><br />Homme 1<br />Voici Heiki</p> <p><br />Homme 2<br />Heiki, enchanté.</p> <p><br />Homme 3<br />Bonjour Heiki</p> <p><br />Homme 1<br />En fait, nous sommes venus voir ce que vous faites ici.</p> <p><br />Homme 3<br />Ce que nous faisons principalement, ou ce vers quoi nous avons évolué, car au départ nous avons commencé avec ce qui est derrière vous. En fait, nous avons d'abord essayé, disons, de lancer un projet à grande échelle avec des myrtilles, et nous voulions les vendre à la F1 en particulier, aux chaînes de supermarchés.</p> <p><br />Homme 3<br />Il a été très difficile d’écouler ces volumes. Il y a quinze ans, par hasard, nous avons mis sur pied un concept de, euh, d'auto-cueillette. Les clients étaient autorisés à venir cueillir eux-mêmes les myrtilles, et le succès fut tel que nous avons pensé que si les clients voulaient le faire eux-mêmes, nous n'aurions plus à démarcher pour vendre nos baies, nous proposerions simplement un petit magasin de fruits. C'est devenu incontrôlable, car il y a maintenant 10 hectares de petits fruits ici, et nous avons tout sauf des fraises.</p> <p><br />Homme 2<br />Tout ceci est de l’autocueillette?</p> <p><br />Homme 3<br />Euh, soixante-quinze pour cent sont destinés à l’autocueillette. Oui, c'est comme ça que cela a évolué.</p> <p><br />Homme 2<br />Et principalement encore, euh, la myrtille?</p> <p><br />Homme 3<br />Euh, Près de quatre-vingt pour cent de notre chiffre d'affaires euh tournent autour des myrtilles et des framboises. Ce sont les deux produits-phares, mais nous offrons bel et bien tout: nous avons aussi des baies de Tay, des ronces-framboises, des mûres de Boysen, des framboises du Japon, des kiwaïs, euh, toutes sortes de groseilles en blanc, rouge, rose, noir - donc le cassis - euh nous avons en fait presque tout, sauf des fraises.</p> <p><br />Homme 2<br />Tout est prêt à peu près en même temps. Comme maintenant, les myrtilles commencent à arriver, les framboises sont prêtes.</p> <p><br />Homme 3<br />Oui, mais ceci n'est qu'une des six ou sept variétés que nous avons et nous avons cette variété pour tout en fait. Egalement avec les groseilles. Nous avons donc en fait huit variétés de groseilles différentes. Et nous commençons à proposer une offre de groseilles rouges de la fin juin à la mi-septembre.</p> <p><br />Homme 3<br />L'avantage est que le client veut des baies rouges, mais il ne sait pas ce qu'il cueille à ce moment-là. Et c'est ce sur quoi nous nous sommes concentrés, car nous sommes ouverts au minimum trois mois par an. En tout cas, nous sommes ouverts de juillet à fin septembre et l’offre est permanente.</p> <p><br />Homme 3<br />Maintenant, vous pouvez aussi voir la différence de maturation. Ici vous avez déjà trois phases différentes. Donc, maintenant qu'ils sont juste bleus - parce que ceci est à peine bleu – ce n’est que maintenant qu’ils vont encore gagner 20, 25 pour cent de leur poids.</p> <p><br />Homme 2<br />Je me souviens qu'autrefois, quand on allait cueillir des myrtilles dans la nature, elles étaient vraiment bleues quand on les mangeait.</p> <p><br />Homme 3<br />Oui mais ce ne sont pas des myrtilles sauvages n’est-ce pas?</p> <p><br />Homme 2<br />Ok.</p> <p><br />Homme 3<br />Ceci est la vaccinium corymbosum, une myrtille américaine améliorée. Ce dont vous parlez, c'est une vaccinium myrtillus, une airelle</p> <p><br />Homme 2<br />Que faites-vous des excédents? J'imagine que toutes les baies ne sont pas cueillies? Que vous aussi, vous avez un…</p> <p><br />Homme 3<br />Oui, quand la saison commence tôt, comme l'année dernière, nous avions déjà commencé à récolter vers le 6 juillet. Puis nous entreposons au congélateur et une grande partie est transformée en confitures, sirops et jus. Et c'est une tendance qui se développe très fortement.</p> <p><br />Homme 2<br />Oui, oui, donc en fait vous n’avez aucune perte?</p> <p><br />Homme 3<br />Nus n’avons quasi aucune perte, zéro virgule zéro.</p> <p><br />Homme 2<br />Dites, combien de temps vous faut-il pour obtenir un buisson comme celui-là?</p> <p><br />Homme 3<br />Ceux-ci sont là depuis vingt ans.</p> <p><br />Homme 1<br />Mais au bout d'un certain temps, votre buisson est à court de fruits, n'est-ce pas? Tout comme le cerisier, il produit moins de baux fruits après vingt ans, ou est-ce des sornettes?</p> <p><br />Homme 3<br />Non, pas avec la myrtille.</p> <p><br />Homme 1<br />Pas avec la myrtille, ok</p> <p><br />Homme 3<br />Pas avec les myrtilles. C'est la beauté des myrtilles. Une fois que vous avez consenti cet investissement. C'est un investissement très coûteux au départ. Mais une fois qu'elles sont là et qu’elles ont atteint leur maturité, comme ceci, alors l’agriculteur que vous êtes doit déjà commettre bien des bévues pour les perdre.</p> <p><br />Homme 1<br />De grosses machines entrent-elles en jeu?</p> <p><br />Homme 3<br />Une faucheuse à fléaux.</p> <p><br />Homme 1<br />Mais ce n'est pas parce que c'est bio que vous ne pouvez plus utiliser un parc de machines motorisées?</p> <p><br />Homme 3<br />Non, ce serait bien, mais nous n'en sommes pas encore là. Ce que nous avons fait, c'est remplacer tout notre matériel d'élagage, qui est désormais électrique. Nous travaillons avec des systèmes d'élagage sur batterie.</p> <p><br />Homme 2<br />Cela exige-t-il beaucoup d‘entretien?</p> <p><br />Homme 3<br />Hum... Oui, et non. Non, vu la situation présente, je veux dire que nous ne donnons presque pas d'engrais. Presque pas. Quand nous donnons de l'engrais, c'est du compost ou des copeaux de bois ou juste un peu de fumier de ferme en provenance d’un collègue-agriculteur tous les trois ou quatre ans. Euh, le fumier de vache dans des étables à stabulation libre. Ce qui nécessite bel et bien un entretien, c'est l'élagage.</p> <p><br />Homme 2<br />Oui.</p> <p><br />Homme 3<br />Tous les buissons qui se trouvent sur notre propriété sont taillés chaque année. Et ils sont nombreux.</p> <p><br />Homme 2<br />Pouvons-nous explorer plus loin le domaine et voir tout ce qu'il y a à voir?</p> <p><br />Homme 3<br />Bien sûr, nous allons dans la partie principale du jardin de cueillette? Suivez-moi.</p> <p><br />Homme 2<br />Yes.</p> <p><br />Homme 1<br />Super!</p> <p><br />Homme 3<br />Suivez-moi.</p> <p><br />Homme 3<br />Nous évoluons vers la diversité. Nous sommes maintenant en pleine action, nous aménageons une forêt alimentaire.</p> <p><br />Homme 2<br />Qu'est-ce qu'une forêt alimentaire?</p> <p><br />Homme 3<br />Une forêt alimentaire est en fait une forêt où tout est comestible, mais alors littéralement tout. En théorie, il y a neuf couches, mais en réalité, nous parlons en fait d'une couronne supérieure, puis nous parlons de la noix - puis nous parlons de la châtaigne commune- puis nous parlons du hêtre, du chêne, puis nous descendons. Ensuite, nous avons les hautes tiges, les pommes et poires par exemple. Puis on descend encore plus bas, jusqu'aux demi-tiges, les buissons, les buissons comme ceux que nous cultivons ici maintenant, et il nous manque un peu cette couche supérieure. Ensuite, vous allez encore plus bas, vous avez alors les vivaces rampantes. Vous avez alors les fraises. Ensuite, vous avez de nouveau les carottes, puis vous avez les navets, et vous pouvez même continuer avec les melons, travailler avec les potirons.</p> <p><br />Homme 2<br />Ok.</p> <p><br />Homme 3<br />Et puis nous avons les oubliés : les champignons.Car vous avez toujours une sous-couche, surtout si vous ne cassez pas votre couche de paillis. Dès qu'il pleut, vous voyez ces champignons jaillir du sol.</p> <p><br />Homme 1<br />Est-ce là l'avenir de l'agriculture, selon vous? La diversité ou…</p> <p><br />Homme 3<br />L’avenir, non, mais je pense que nous devons aller plus loin dans cette direction, oui. Je pense que nous devrions le faire.</p> <p><br />Homme 1<br />Jouer la sécurité, oui.</p> <p><br />Homme 2<br />Cela signifie-t-il que vous allez planter la forêt alimentaire simplement entre différentes parcelles de terre? Afin de les relier les unes aux autres?</p> <p><br />Homme 3<br />Oui, nous examinons maintenant si nous pouvons exclure quelques rangées ici et là, car en réalité nous avons planté les rangées de manière très intensive à trois mètres d'intervalle, et nous envisageons maintenant la possibilité d’exclure quelques rangées ici et là. Pour avoir une sorte de bande forestière.</p> <p><br />Homme 2<br />Oui.</p> <p><br />Homme 3<br />C’est toujours aménagé naturellement, et on peut travailler sur différentes hauteurs, afin de pouvoir toujours inclure des insectes utiles et apporter la diversité.</p> <p><br />Homme 2<br />En fonction du sol existant?</p> <p><br />Homme 3<br />Oui, surtout le sol. Le sol est la base. Au début, j'ai fait la bêtise de planter des myrtilles là où elles ne poussent pas d'ordinaire, à savoir ici à Oesselgem, elles poussent dans le Limbourg ; un sol naturel, acide, à savoir une tourbière. J'ai tenté de plier la nature à ma volonté, mais je fonce dans le mur. Maintenant, je ne travaille qu'avec des plantes locales qui poussent bien dans ce type de sol.</p> <p><br />Homme 1<br />Divers, imaginatif et durable, c'est un peu ce qui caractérise le domaine.</p> <p><br />Homme 3<br />Oui.</p> <p><br />Homme 1<br />Un peu court, mais bien résumé.</p> <p><br />Homme 3<br />Oui.</p> <p><br />Homme 2<br />Pourquoi ces arbres sont-ils peints en blanc jusqu'à un mètre et demi?</p> <p><br />Homme 3<br />Ah, il existe trois théories, mais cela dépend de qui vous appelez pour cela. Que vous appeliez la Fondation nationale des vergers, ou un vieux grand-père qui l'a fait pendant des années et des années, mais en réalité, cela se résume au fait que si vous peignez ces arbres en blanc, au début du printemps, et que nous avons un été, ou un temps printanier comme maintenant, alors vous avez du soleil dès le 15 février. Parfois jusqu'à vingt-cinq - trente degrés en février. Puis le soleil y darde ses rayons, le tronc commence à se réchauffer et la sève coule. Puis, comme ces trois dernières années, entre le début et la mi-avril, il se produit une nouvelle gelée, et tous les bourgeons qui ont germé jusque-là, parce que la sève a coulé en février, gèlent. Votre arbre meurt littéralement de froid. Si vous peignez l'arbre en blanc, vous obtenez la réflexion de vos rayons du soleil, et l'arbre reste en dormance beaucoup plus longtemps, et il s'épanouit de façon normale.</p> <p><br />Homme 2<br />Oui.</p> <p><br />Homme 3<br />Une autre histoire, ou théorie, qui circule dit que la chaux éloignerait les parasites. Je ne vois pas l'intérêt d'éloigner les parasites des noix.</p> <p><br />Homme 2<br />Oui.</p> <p><br />Homme 3<br />parce qu'il n'y en a presque pas là-dedans. Et troisièmement, c'est aussi joli. Cela a son charme. Je pense que le charme a également joué en partie. Les étables et les porcheries ont été blanchies à la chaux, et je pense qu'ils ont aussi peint les arbres avec le lait de chaux, ainsi que ce petit mur…</p> <p><br />Homme 2 <br />Simplement les arbres… à la même hauteur.</p> <p><br />Homme 1<br />Mais vous, vous peignez vos arbres en blanc chaque année? Non?</p> <p><br />Homme 3<br />Oui, juste pour s'amuser.</p> <p><br />Homme 1<br />Pour s’amuser</p> <p><br />Homme 3<br />Et parce que c’est joli.</p> <p><br />Homme 1<br />Oui, ok</p> <p><br />Homme 2<br />Oui, mais en automne? L’automne, ou l'hiver. Avant le premier soleil…</p> <p><br />Homme 3<br />Non, c'est, euh, cela a été fait en février.</p> <p><br />Homme 1<br />Ah oui, ok. ok</p> <p><br />Homme 3<br />Ce n'est que de la chaux éteinte…</p> <p><br />Homme 2<br />Chaux éteinte, eau, peinture.</p> <p><br />Homme 3<br />That’s it.</p> <p><br />Homme 3<br />Les baies rouges, elles.</p> <p><br />Homme 1<br />C’est génial, une telle qantité!</p> <p><br />Homme 3<br />C'est l'une des variétés qui est parfaitement prête à être cueillie en ce moment. Comme nous l’avons mentionné, nous avons huit variétés différentes qui sont mûres de la fin juin à presque la mi-août, septembre pardonnez-moi, et maintenant nous sommes en fait à la mi-juillet.</p> <p><br />Homme 1<br />Les grappes sont bien fournies, n’est-ce pas? Je ne vois plus des filets suspendus pour les oiseaux qu'au-dessus des baies rouges. N'est-ce pas nécessaire pour les autres? Ou bien les oiseaux ne les touchent pas?</p> <p><br />Homme 3<br />Euh, c'est en fait une astuce. Tant que vous avez des baies rouges, et que vous pouvez les protéger des oiseaux, ces derniers essaieront d'atteindre les baies rouges. Et ils ne toucheront pas les autres.</p> <p><br />Homme 1<br />C’est vrai?</p> <p><br />Homme 3<br />Les baies noires, la couleur noire des baies, ne sont presque pas mangées par les oiseaux, et s'ils continuent à distinguer le rouge, d'une manière ou d'une autre ils vont essayer de grimper vers ce rouge de toute façon.</p> <p><br />Homme 1<br />Oui, parce que je trouve bizarre que le reste ne soit pas couvert par quoi que ce soit.</p> <p><br />Homme 3<br />Je connais des collègues producteurs qui, par exemple, ont de grandes surfaces de myrtilles, et autour de la parcelle ils ont simplement planté des groseilles rouges pour que les oiseaux volent vers les groseilles rouges et ne mangent pas les myrtilles.</p> <p><br />Homme 2<br />Mmm, ils ne touchent pas les framboises, les fruits apparentés, rien?</p> <p><br />Homme 3<br />Les framboises, pas pour le moment. Eh bien, je dois bel et bien dire pour l'instant, dans le sens où les oiseaux communiquent entre eux. Et s'ils osent dire: "les framboises de la rangée numéro 130 sont délicieuses", après un jour ou deux, elles sont dévorées. Les insectes le font aussi, du reste. Euh, nous sommes ici par hasard près des groseilles, au début quand je commençais à peine. J'ai donc planté ces huit variétés, une rangée de chaque, et l'une de ces variétés, ce sont des groseilles Jonckheer van Tets, première feuille, première fleur, première baie, première maturité, également premier fléau. La feuille commence à se courber, les insectes s'y déposent. Et puis euh, regardez ce que j'ai? "Ouille, un puceron. Lequel? Finalement, il s'est avéré que c'était le puceron jaune du cassis. Et oui.</p> <p><br />Homme 1<br />Nous en avons aussi chez nous.</p> <p><br />Homme 3<br />Le puceron jaune du cassis. On le connaît bien, il frise, et puis vous obtenez ce reflet rouge là-dessus. Le puceron jaune du cassis.</p> <p><br />Homme 2 <br />Ce sont ces blancs?</p> <p><br />Homme 3<br />Et bien, C'est ce qui est drôle, justement. J'avais trouvé cette créature et l'avais retournée, j’ai alors regardé ce qui se trouvait dessus. Et vous parlez de ces blancs: ces blancs sont déjà morts…</p> <p><br />Homme 2 <br />Ok.</p> <p><br />Homme 3<br />Ce sont toutes les momies. Ensuite, il y a encore les marrons foncés, les marrons légèrement plus foncés.</p> <p><br />Homme 2<br />Oui.</p> <p><br />Homme 3<br />Ils contiennent déjà une larve de euhm syrphe… Le syrphe pond avec son ovipositeur un œuf dans l'abdomen d'un tel puceron, et ce dernier est rongé de l'intérieur par cette larve. Dès que la larve a atteint sa taille maximale, cet abdomen se déchire et le syrphe émerge, et le puceron est mort.</p> <p><br />Homme 2 <br />Ici il y a quelque chose de vert.</p> <p><br />Homme 3<br />Et les verts sont encore les vivants. Nous devons encore leur donner la chance de tenter de s’échapper mais ils n’y parviendront pas.</p> <p><br />Homme 1<br />Pouvez-vous supprimer cela? Si vous travaillez de façon biologique, pouvez-vous y remédier?</p> <p><br />Homme 3<br />C'est une idée fausse de croire que le bio ne tolère rien.</p> <p><br />Homme 1<br />Oui.</p> <p><br />Homme 3<br />Nous avons des produits que nous pouvons pulvériser. Nous avons aussi le biopyrèthre, par exemple, le problème est que le biopyrèthre est tout aussi mortel pour le puceron que pour les ennemis naturels. Quel a donc été mon salut ? Il y a quatre ans, quand nous avons commencé le jardin de cueillette, j'étais stupide. Je ne savais pas ce qu'était cette créature, je ne savais pas comment la combattre. J'accusais à chaque fois un retard de dix jours, parce que je devais encore acquérir un pulvérisateur, commander un pesticide et au bout de dix jours, j'ai regardé la situation telle qu’elle est maintenant, et j'ai vu que ma population avait déjà totalement disparu en réalité. Parce que regardez vos nouvelles feuilles, elles sont parfaites. Elles sont toutes propres, elles ont toutes grandi. Même ces nouvelles pousses. Cette culture est saine.</p> <p><br />Homme 1<br />Donc, en fait, vous n’y touchez pas. Cela disparaîtra de lui-même.</p> <p><br />Homme 3<br />J'ai pu ne pas y toucher parce que la plantation était si diversifiée dans ma plantation que je pouvais me permettre de laisser souffrir une rangée.</p> <p><br />Homme 2<br />Sacrifier.</p> <p><br />Homme 1<br />Souffrir…</p> <p><br />Homme 3<br />Oui, souffrir. Mais au final, cela ne s'avère pas désastreux pour le fruit. Après tout, je suis un fruiticulteur, ce n'est pas un concours de beauté pour le plus beau buisson aux feuilles parfaites.</p> <p><br />Homme 1<br />Oui.</p> <p><br />Homme 3<br />Mais ces feuilles me garantissent bel et bien un nombre suffisant d’insectes utiles - perce-oreilles, coccinelles, chrysopes, syrphes – de ces insectes verts dont on voit à travers les ailes, toutes ces choses qui déposent leurs larves, elles sucent deux ou trois cents pucerons en un jour, elles assurent, tant qu'elles peuvent rester ici, que toute ma plantation, d’un bout à l’autre, est protégée des grands fléaux.</p> <p><br />Homme 2<br />Est-ce que vous rajoutez des coccinelles?</p> <p><br />Homme 3<br />Non. Si je devais les déployer, je pense qu'elles voleraient chez mon voisin.</p> <p><br />Homme 2<br />Ok.</p> <p><br />Homme 3<br />Oui. Mais j’en ai déjà suffisamment. J’ai déjà pu le constater.</p> <p><br />Homme 3<br />Les insectes utiles qui se déposent ici, qui explorent en fait toute la plantation d’un bout à l’autre, cherchent où nous allons déposer nos œufs, où nos enfants, nos larves, peuvent grandir pour qu’ils aient à manger. Où ils vont pondre leurs œufs, dans une colonie de pucerons.</p> <p><br />Homme 2<br />Oui.</p> <p><br />Homme 3<br />Et tant que j'aurai des colonies de pucerons, je pourrai garder mes insectes utiles ici.</p> <p><br />Homme 2<br />Oui.</p> <p><br />Homme 3<br />J'ai donc aussi placé des liserés boisés tout autour. J'ai aussi posé des bordures pour fleurs. Parce que ceci a totalement achevé sa floraison. Pour mes pollinisateurs, etc. Mais ces visiteurs, les adultes, mangent aussi, du pollen et du nectar. Ils peuvent alors pénétrer dans ma bordure pour fleurs.</p> <p><br />Homme 2<br />Oui, oui.</p> <p><br />Homme 3<br />J'essaie donc de maintenir cette diversité, en fait. Même avec des choses qui ne rapportent pas. Bien qu'elles soient bien sûr rentables de façon indirecte. Mais pas de façon directe.</p> <p><br />Homme 2<br />Des aires d’atterrissage pour insectes, en fait.</p> <p><br />Homme 3<br />Oui. Et des lieux de survie.</p> <p><br />Homme 1<br />Vous remarquez qu'il y a pas mal de gens qui se promènent ici pour faire la cueillette. Remarquez-vous que les gens sont plus conscients des bienfaits de la production locale, euh, de la courte chaîne d’approvisionnement? Ou euh, est-ce quelque chose qui se développe? Remarquez-vous cette différence?</p> <p><br />Homme 3 <br />Oui, quand même</p> <p><br />Homme 1<br />Les gens veulent savoir ce qu'ils mangent et quelle en est la provenance.</p> <p><br />Homme 3<br />Ils le voient aussi, n’est-ce pas? Car nous sommes ici dans l'herbe et parfois on voit encore quelques mauvaises herbes qui s’intercalent. Nous essayons de préserver une propreté relativement grande. Mais ceci est d’une propriété acceptable - également pour nos clients.</p> <p><br />Homme 1<br />Oui.</p> <p><br />Homme 3<br />Parce qu'ils se rendent bel et bien dans un jardin biologique mais ils veulent la propreté.</p> <p><br />Homme 2<br />Etre propre Oui. Oui. Oui.</p> <p><br />Homme 3<br />Le bio ne devrait pas être sale. Mais cela ne doit pas forcément être sale. Regardez les grappes qui pendent. Idem pour notre plantation. Cela ne doit pas être sale, mais il faut bel et bien une présence suffisante pour que ces insectes utiles puissent rester et que le sol ne soit pas trop remué.</p> <p><br />Homme 2<br />Oui.</p> <p><br />Homme 3<br />Et en termes de sensibilisation, aussi. Mais je pense que je n'ai pas encore mené l'enquête. Nous travaillons donc de façon biologique dès le départ. Toutefois je pense que 90 % de nos clients ne viennent pas pour des raisons biologiques. Je pense qu'ils viennent en premier lieu pour l'offre et en second lieu pour l'expérience</p> <p><br />Homme 2<br />L’expérience.</p> <p><br />Homme 1<br />Oui, c’est cela.</p> <p><br />Homme 3<br />L'expérience. Euh, vous voyez les différences, vous voyez le passage. Tout le monde prend son seau. L'un d'eux se dit "ah, les groseilles à maquereau du temps de mamie". "Ah, les groseilles, cette confiture, cela fait longtemps que je n'en ai pas mangé".</p> <p><br />Homme 1<br />C'est bon, mais le goût est quand même différent quand cela provient d'un ravier. Un ravier en plastique provenant du supermarché ou votre propre cueillette</p> <p><br />Homme 3<br />Naurellement</p> <p><br />Homme 3<br />Cette carotte asymétrique, infestée par la mouche de la carotte de votre jardin, est bien plus savoureuse que celle du sac plastique achetée à l’état parfait dans l'ISPC ou dans d'autres magasins</p> <p><br />Homme 1<br />Même si c’est aussi une expérience. Oui, Voilà.</p> <p><br />Homme 1<br />Oui.</p> <p><br />Homme 3<br />Parce que cette carotte du sol, que vous avez frottée sur votre pantalon, même si elle est maculée de terre, c'est la carotte la plus savoureuse que vous ayez jamais mangée. Et vos enfants également. Et nous le constatons aussi.</p> <p><br />Homme 1<br />Oui.</p> <p><br />Homme 3<br />Peu importe l’aspect. Si vous l'avez cueilli vous-même, la satisfaction est énorme.</p> <p><br />Homme 1<br />Mm.</p> <p><br />Homme 2<br />Observez-vous que beaucoup de jeunes familles citadines viennent ici?</p> <p><br />Homme 3<br />Un très grand nombre.</p> <p><br />Homme 2<br />Oui.</p> <p><br />Homme 3<br />Un très grand nombre</p> <p><br />Homme 2<br />La plus grande population? Des visiteurs.</p> <p><br />Homme 3<br />Oui, c'est la plus grande clientèle. Des jeunes familles avec enfants qui veulent vraiment montrer ici comment poussent les groseilles.</p> <p><br />Homme 2<br />La base, oui.</p> <p><br />Homme 3<br />Cela ne provient pas d'une boîte provenant d’une usine, cela pousse sur un buisson. Surprenez-les.</p>