La médiation dans le secteur de la construction est en hausse :
85% des conflits résolus dans les 90 jours
Les conflits dans le secteur de la construction sont de plus en plus souvent résolus avec succès par la médiation. Dans 85 % des cas, le conflit est résolu dans les 90 jours et quatre médiations sur cinq aboutissent à un accord complet. C'est ce que révèlent les nouveaux chiffres de la Commission fédérale de médiation (CFM), qui indiquent une nette augmentation du nombre de médiations d'ici à 2024, avec de plus en plus de médiateurs qui traitent plusieurs dossiers de construction par an. La médiation est une alternative rapide, économique et efficace aux procédures judiciaires", déclare Bart Plevoets, membre du bureau de la CFB et président de la commission spéciale "Construction".
En 2024, pas moins de 44 % des médiateurs agréés actifs dans le secteur de la construction ont traité au moins une affaire dans ce secteur. Les nouveaux chiffres montrent aussi clairement une tendance à la hausse : en 2022, 57% des médiateurs ont traité entre 1 et 5 affaires dans le secteur de la construction ; en 2024, ils étaient déjà 78%. Le nombre de médiateurs traitant de 6 à 15 litiges de construction a également augmenté, passant de 10 % en 2022 à 17 % en 2024.
Taux de réussite élevé : 4 médiations sur 5 aboutissent à un accord complet
La médiation s'avère particulièrement fructueuse dans le secteur de la construction : 35 % des médiateurs ont obtenu un accord dans plus de 80 % de leurs dossiers de médiation, et 35 % dans 60 à 80 % des cas. Quatre cas sur cinq aboutissent même à un accord complet. En outre, dans 86 % des cas, la médiation a permis d'améliorer la communication entre les parties concernées. Cela confirme que la médiation est un moyen constructif de résoudre les litiges dans le domaine de la construction, sans pour autant alourdir les relations entre les parties.
Quelles sont les principales sources de conflit dans le secteur de la construction ?
Les conflits dans le secteur de la construction surviennent à différents stades du processus de construction. Il s'agit le plus souvent de litiges avec des entrepreneurs ou des sous-traitants (74%), de défauts de construction (73%) et de discussions sur les règlements et la facturation (61%). Les conflits dans la construction de maisons, d'appartements et de bureaux (44%), les problèmes liés aux délais d'exécution (44%), les tensions avec le constructeur (42%) et les conflits de copropriété (40%) donnent également lieu à des dossiers de médiation.
Les causes sous-jacentes de ces conflits varient, mais les plus fréquentes sont les problèmes de qualité (58%), les retards et les livraisons tardives (54%), les dépassements de budget (40%) et les litiges de paiement (40%). Une mauvaise coordination entre entrepreneurs et sous-traitants, notamment en termes de responsabilités, est également à l'origine de conflits dans 25 % des cas.
Une résolution rapide sans procédure judiciaire
La médiation est non seulement efficace mais aussi rapide. La médiation elle-même prend moins de 30 heures dans 9 cas sur 10, et 55% des litiges sont même résolus en moins de 15 heures. En outre, le délai d'exécution d'une procédure de médiation est inférieur à trois mois dans 85 % des cas, et plus d'un tiers des cas sont même réglés en moins d'un mois. En comparaison, les procédures judiciaires dans les litiges de construction peuvent durer des années et impliquent souvent des coûts importants.
La médiation s'applique aux petits comme aux grands litiges
Bien que trois cas de médiation sur quatre dans le secteur de la construction portent sur des montants inférieurs à 250 000 euros, les chiffres montrent que la médiation est également utilisée pour des projets de grande envergure. 21 % des cas concernent des litiges d'une valeur supérieure à 250 000 euros, et 6 % portent même sur des montants supérieurs à 1 million d'euros. La médiation est largement utilisée : dans les conflits entre citoyens, entre citoyens et entreprises et entre entreprises elles-mêmes.
Classement par les tribunaux et le secteur
La majorité des médiateurs agréés dans le secteur de la construction sont nommés par les cours et tribunaux (65%) ou par le bouche à oreille (64%). Cela montre que la médiation est de plus en plus appréciée en tant qu'alternative aux procédures judiciaires.
"Les chiffres du Baromètre de la médiation 2025 montrent que la médiation est de plus en plus utilisée dans le secteur de la construction, et ce avec succès", conclut Bart Plevoets. "Un médiateur reconnu cherche un moyen de parvenir à une solution sur une base confidentielle et ne prend pas position. Il facilite une conversation ouverte afin que les parties elles-mêmes puissent parvenir à un accord. Cette approche préserve autant que possible les relations, ce qui constitue un avantage majeur par rapport à une procédure judiciaire. De plus, un médiateur agréé par la Commission fédérale de médiation offre une sécurité juridique et un processus structuré, avec la possibilité d'une homologation par un juge, ce qui peut rendre l'accord juridiquement contraignant".
Exemple de médiation dans le domaine de la construction : conflit dans un projet de rénovation
Un client privé a fait appel à une entreprise de construction pour rénover une maison à Bruxelles. Les travaux comprenaient la réfection de la toiture, l'isolation et les finitions intérieures, pour un montant total de 85 000 euros. Après quelques mois, des tensions sont apparues entre les deux parties. Le client a identifié trois problèmes principaux :
- Retard d'exécution : les travaux ont pris trois mois de retard ;
- Coûts imprévus : des factures supplémentaires de 12 000 euros ont été facturées, sans accord préalable ;
- Défauts de construction : des fissures sont apparues dans les murs après la rénovation.
La situation s'est aggravée : le client a menacé de ne pas payer les dernières factures, tandis que l'entrepreneur a envisagé une action en justice pour forcer le paiement. Afin d'éviter un litige long et coûteux, les deux parties ont décidé de faire appel à un médiateur reconnu dans le domaine de la construction. Au cours de la médiation, l'affaire a fait l'objet d'une discussion approfondie.
Déroulement de la médiation
Lors d'un premier entretien, le médiateur a donné aux deux parties l'occasion d'expliquer leurs positions et de clarifier leurs attentes. Tous les documents pertinents ont été analysés : contrat, factures, photos des défauts et rapports techniques. Le médiateur a guidé les discussions et aidé les parties à trouver une solution sans imposer de décision.
Après quelques séances, les deux parties sont parvenues à un accord. L'entrepreneur s'est engagé à effectuer les travaux de réparation dans un délai de deux mois. Le client a accepté de payer 7 000 euros sur les 12 000 euros contestés, certains frais supplémentaires s'étant avérés justifiés. Grâce à la médiation, une procédure judiciaire longue et coûteuse a été évitée et les deux parties ont pu aller de l'avant avec une solution constructive.