Il faut davantage d'appels d'offres publics pour les PME de la construction
Le nombre de marchés publics liés à la construction a diminué d'un cinquième au cours des cinq dernières années. C'est ce qui ressort d'une analyse de Bouwunie basée sur les chiffres de Tender Experts. La baisse la plus importante s'observe dans les contrats à petite échelle, qui sont souvent les plus intéressants pour les PME de la construction. Bouwunie s'inquiète et demande aux gouvernements de tenir compte des petits travaux dans leurs appels d'offres.

"Nous demandons que suffisamment de contrats soient attribués qui soient également accessibles aux PME de la construction. Les gros contrats peuvent être divisés en plusieurs lots de plus petits contrats", explique Jean-Pierre Waeytens, directeur général.
Le gouvernement est un client important des travaux de construction, tant au niveau local que flamand et fédéral. Les marchés publics représentent environ 29 % de l'activité totale de construction. En principe, seuls les entrepreneurs agréés peuvent exécuter des marchés publics. Cette reconnaissance est divisée en 8 classes. Seules les entreprises de construction disposant de la reconnaissance appropriée peuvent soumissionner. Plus la classe est élevée, plus les conditions d'approbation sont strictes.
Diminution principalement dans les contrats pour petits travaux
"Ce sont surtout les commandes des classes inférieures qui sont intéressantes pour nos PME", explique Jean-Pierre Waeytens. "Les entrepreneurs disposant d'un agrément de classe 1 à 4 peuvent soumissionner pour des projets allant respectivement de 135.000 à 900.000 euros. Nous constatons une diminution de 25 % en 2020 par rapport à 2016 pour les contrats de ces classes (1 à 4). Pour les gros contrats, de la classe 5 à 8, nous observons une baisse de 10 % du nombre de contrats."

La baisse est la plus forte dans les deux catégories les plus basses. Dans la classe 1 (jusqu'à 135.000 euros), on a perdu près d'un tiers d'affectations, et dans la classe 2 (jusqu'à 275.000 euros) presque un quart. Du côté positif, malgré la crise sanitaire, on observe en 2020 une légère tendance à la hausse.
"Nous constatons avec plaisir qu'en 2020, tous les gouvernements ont consentis des efforts afin d'augmenter l'attribution de marchés. C'est surtout le gouvernement fédéral qui montre l'exemple, nous mesurons ici le niveau le plus élevé depuis 5 ans. L'avenir semble prometteur. Les plans de relance qui sont en cours d'élaboration signifient qu'il y aura beaucoup de travail pour les entreprises de construction, on peut donc supposer que le nombre de contrats va augmenter à nouveau. Dans le même temps, nous sommes très préoccupés par la manière dont cette relance sera mise en pratique. Nous espérons que les gouvernements n'opteront pas pour des projets gigantesques qui excluent d'office les PME et qu'ils demanderont que les contrats importants soient divisés en plusieurs petits lots. Les PME de la construction ne doivent pas être laissées de côté lorsqu'il s'agit d'appels d'offres gouvernementaux, qu'ils soient locaux ou fédéraux."
Des contrats plus petits également envisagés
Les gouvernements ont tendance à regrouper les commandes, dans l'espoir de remporter des contrats moins chers et d'avoir un point de contact unique. Le résultat est que la taille des classes augmente et que, par conséquent, les conditions d'admission deviennent également plus strictes, ce qui signifie que ce sont principalement les grands groupes de construction, souvent internationaux, qui peuvent encore participer. Cela oblige les PME à travailler en sous-traitance pour les grandes entreprises de construction.
"Les économies d'échelle ne sont pas toujours la solution la plus économique et ne doivent certainement pas se faire aux dépens des PME de la construction. Bouwunie attend des autorités fédérales, flamandes et locales qu'elles assument leur responsabilité envers les PME de la construction en tant que grands clients et qu'elles jouent leur rôle. Les gros contrats doivent donc être divisés en plusieurs petits contrats, de manière à ce qu'il y ait suffisamment de chantiers accessibles aux PME. De cette façon, elles ne seront plus mises à l'écart."